Entretiens et interviews avec Dahmane AMRANE

 
 
 
 

Accueil

 
 
 
 
 

Amrane Dahmane fait partie de cette jeune génération de chanteurs qui veulent redonner à la chanson kabyle sa véritable dimension après un déclin qui n’a que trop duré. A plus forte raison dahmane ce natif de « zaknoun » le plus vaste et le plus populaire village de la contrée des ouacifs, est un perfectionniste à outrance. Outre la qualité artistique reconnue à sa premiére k7,ul yella tagmatt ulac, et editée en 1995 seulement après des débuts qui remontent à 15 ans, ….ect Le matin 1995

 

                                   

- Pouvez vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis natif de zaknoun, village de la contrée des ouacifs ( Tizi-Ouzou ), où j'y suis né et grandi, je vis maintenant en France

 -Parlez nous de votre parcours d'auteur compositeur

J'ai toujours aimé ce domaine depuis mon jeune âge, mes vrais débuts remontent à 1984 sur l'émission des ‘ ighenayen ou zeka ‘sur la chaîne 2, où j'étais encouragé et orienté jusqu'à la sortie d'une casette (Ul yella tagmatt ulac) en 1995, car le métier d'enseignant que j'exerçais ne me permettait pas de disposer d'assez de temps libre.

 - Au début il y'a eu la chanson d'amour ?

Je crois que le sujet est vital pour la chanson en général, comme la majorité des débutants, on a toujours tendance à écrire des textes d'amour. J'avais composé ‘ ayen ayen ‘, ‘ arriyid ul-iw', ‘ semhiyi'.

 - Et 7 ans après, vous revenez à ce thème avec ‘tayri nnagh' ?

Dans cet album en effet c'est l'unique chanson d'amour que j'ai eu le plaisir de composer.

 .- Vous ne délaissez pas pour autant la chanson politique puisque avec ‘lazzayer tarwa-m' vous dénoncez les lendemains enchanteurs promis par l'indépendance
La chanson contestataire est ancrée en nous, dans cette chanson, j'ai plutôt dénoncé la mauvaise gestion d'un aussi beau pays, qui a poussé les jeunes, intellectuels, et toute la masse créative à fuir le pays.

 -Comment travaille un compositeur kabyle et dans quelles conditions ?

Je ne peux pas me mettre à la place de chacun des compositeurs kabyles ou autre, ceci dit que chacun travaille à sa manière, néanmoins il faut préciser que la chanson kabyle est essentiellement basée sur le texte ‘asefru', qui est généralement écrit avant la mélodie qu'on doit travailler en harmonie avec ce texte, et de là naît une chanson ‘tizlitt', il faut aussi préciser que la majorité de nos compositeurs ne maîtrisent pas l'écriture du solfège, car ils n'ont jamais été dans les écoles de musiques, observatoires, et s'améliorent en entretenant des contacts et rapports entre eux.

 

Au lecteurs de ‘kra isalen' meilleurs vœux. 

                                                                           said chemmakh


 

 

Votre premier album ( Ul yella tagmatt ulac 1995), en dépit du large écho éprouvé au sein du public n'avait pas  bénéficié d'une distribution adéquate
 La preuve il n'y est même pas sur le marché, et puis un chanteur amateur peut toujours tomber sur un pseudo-èditeur, ce qui démotive l'artiste et c'est l'éternel probleme de notre chanson

 

Juste après vous prenez le chemin de l'exil, quels ont été les mobiles ? On a vraiment pas le choix, alors les mobiles c'est presque pareil pour tout le monde, et malheureusement ils sont beaucoup trop nombreux à fuir le pays à la recherche d'une vie paisible, la stabilité, et puis côtoyer d'autres artistes.

 

En France, le milieu de l'art en général et celui de la chanson particulièrement est-il facile pour l'émigration, surtout kabyle ? 
Facile c'est beaucoup dire, mais accessible par le biais des associations et autres manifestations culturelles, sans oublier la chaîne BRTV qui est je pense accessible à nos artistes kabyles.

 

Vous n'avez pas tardé à sortir un second album (Fket-agh talwit) avec les éditions IZEM est ce que l'exil y est présent ou est ce que c'est la continuité de la première œuvre ? Comme vous pouvez le constater c'est un album de sept chansons,l'exil y est forcément présent notamment dans{ad-ruhagh}et puis d'autres thèmes y sont aussi traités dans des chansons que j'avais tardé à enregistrer et que je trouve toujours d'actualité.

 

Là-bas en France y'a-t-il des rencontres ou fêtes auxquelles tu as pris part ? 

Vous savez quand on a un boulot à part, on ne peut pas satisfaire le plus souvent la demande, mais ça m'empêche pas  de prendre part à certaines fêtes et autres manifestations culturelles ou émissions TV ou radio.

 

Quel est ton sentiment en étant loin de notre chère kabylie en proie au sang et aux pleurs lors des événements tragiques du printemps noir ? 

Je tiens d'abord à rendre hommage à nos valeureux martyrs tombés sous les balles assassines du pouvoir, comme tout digne algérien j'avais un sentiment de révolte et de désarroi, et je suis toujours inquiet, sans mettre en doute nos revendications tout à fait légitimes, car le pouvoir en face est capable du pire pour étouffer la protesta, la vigilance est de rigueur.

Avec tout mes remercîments, longue vie au journal.

Interview réalisée par Kebsi Mohamed     

 
 

Site gratuit (aide) | Musique | Petites annonces | A visiter | Forum Musique | Saint Nicolas | Infos légales